Histoire du village

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Plusieurs interprétations existent

La forme latine de Podio buscano donne en langue romane Puibuscha1 ou Pueg busca2;

en français, Puybusque est encore utilisé au XVIIème siècle;

enfin Pechbusque s'impose au XIXème siècle.

Le premier élément, pech, dérivé du latin podium, désigne une "petite éminence". Dans le second élément, nous reconnaissons busk, un nom commun germanique désignant un lieu couvert d'arbres, qui donne bosc en occitan et en français " bois ", terme plus familier que forêt. Le radical germanique est latinisé par l'adjonction du suffixe -anu. A. Soutou observe que l'accent s'est déplacé du suffixe sur le radical comme dans beaucoup de toponymes en -anu.

1. Willelmus de Puibuscha, témoin en 1139 de l'acte no 199 du cartulaire de saint-Sernin.

2. Corraze (R), "Le Diocèse de Toulouse en 1428 : géographie et onomastique", Annales du Midi, r. XIV 1953, p. 118-128.

D'après Geneviève Durand-Sendrail, "Le canton de Castanet, Eglises et Chapelles de la Haute-Garonne", ed. Empreintes. 

Comme son nom l'indique, Pechbusque est situé sur un coteau entouré par deux vallons qui convergent avant d'atteindre la Garonne. Au nord, le ruisseau de Bonneval forme la limite avec Pouvourville qui fait partie de Toulouse. A I'ouest, le ruisseau de Bécane forme la limite avec Vieille-Toulouse ; à l'est, un autre vallon est limitrophe d'Auzeville Tolosane. Il est également limitrophe de Vigoulet-Auzil, Mervilla et Ramonville.

    Je livre à votre méditation ces quelques renseignements concernant notre village, relevés aux archives départementales.

  • PECHBUSQUE : PADIO BUSCANO (1222) - Lieu fort placé sous la protection de Raymond III en 1224,
  • Les revenus de son église appartenaient, dès le XIVe siècle au chapitre SAINT ETIENNE,
  • Les droits de justice appartenant au Roi y furent aliénés en 1639, 1668, 1675, 1703,
  • En 1689, on trouve le nom de F. de Chaubard, seigneur de PUIBUSQUE, de Fraxinette et de la baronnie de LANTA. En 1768, J.J de Planet est coseigneur de PECHBUSQUE.
  • "A l'extrémité de la commune vers le Sud : vestige d'une église dédiée à Saint Sernin ruinée en 1646". Elle aurait été autrefois l'église paroissiale et aurait été abandonnée lorsque les églises de PECHBUSQUE et VIGOULET furent bâties.

 

Savez-vous que Pechbusque signifie "colline boisée" ?

Où sont donc les bois ? Pas loin, si on en croit celui qui a été chargé en 1886 de faire la monographie de l’endroit. En effet, Jules FERRY voulant voir l'état de la France jusque dans ses moindres villages, avait demandé à ses instituteurs de se charger de ce travail, suivant un plan précis. Pouvait-on refuser quelque chose à celui qui avait promu l'enseignement laïc, obligatoire et gratuit ? Presque tous répondirent à l'appel, et s'attelèrent à la tâche avec plus ou moins de courage et de bonheur. Quoiqu'il en soit, nous avons là une source de renseignements, retranscrits avec cette écriture régulière et appliquée, même élégante de l'époque.

Et voilà Pechbusque qui se profile : "sur une hauteur, ... Entouré de bois." "L’œil aime à contempler ces plaines fertiles et ces riants côteaux, les allées magnifiques, les sites de ces vallées bordées de grands arbres où le chant des oiseaux mêle sa voix gaie avec le murmure des eaux des sources... Le pinceau de l'artiste et l'âme du poète ne sauraient peindre rien de plus sentimental et de plus pittoresque."

Pechbusque a alors 144 habitants et 45 foyers

(feux, comme on disait) avec un seul hameau : Savignac.

 

 

Les habitants travaillent aux champs (blé, maïs et vigne qui n'a pas connu le pphylloxéra) mais l'instituteur se plaint que "la production agricole n'est pas en rapport avec la partie cultivée. Cela tient à la part trop restreinte faite par les agriculteurs aux prairies artificielles. Le fourrage étant peu abondant, l'élevage des bestiaux est réduit : de là manque de fumier, cet élément indispensable à la terre" "on y élève environ 400 moutons, chaque maison a son porc pour sa consommation personnelle, il se fait un très petit commerce de volailles et d'oeufs, les bois y sont abondants et appartiennent tous à des particuliers qui les vendent pour le chauffage" de plus, "quelques vanniers au fond d'un réduit font de grossiers mannequins."

Notre instituteur ne tarit pas d'éloges pour la municipalité : "un maire assisté d'un adjoint et de huit conseillers." qui "malgré ses faibles ressources a su améliorer ses chemins qui permettent de se transporter aisément" à Castanet et à Muret, "aussi les habitants écoulent facilement leurs petits produits sur les marchés voisins."

Par contre, pour Toulouse "il n'y a d'autre voie carrossable que celle qui amène l'omnibus à SAgne, distant de trois kilomètres," mais cela va bientôt changer par "l'achèvement du chemin des Etroits qui longe la Garonne et qui "nous amènera les omnibus Pons, de Toulouse jusqu'au pied de la côte, nous serons dans trois quarts d'heure à Toulouse."

L'instituteur est plus sévère pour l'église "qui est fort ancienne" et "n'offre rien de remarquable" Quoi ? Ce monument gothique du XVIe siècle qui, bien que fortement remanié en 1827, a su garder le cachet de ces clochers-murs du Lauragais ? "On y remarque seulement la place de quelques statues qui ont été dérobées pendant les guerres de religion." Relent de l'anticléricalisme de l'époque ? L'auteur qui nous apprend qu' "un prêtre dessert cette population" se croit obligé de préciser entre parenthèses "c'est pour lui un poste de rentier." On a sans doute été plus actif après, et Pechbusque a su bien mettre en valeur ses statues, que ce soit saint Jacques, patron de la paroisse, plein de charme, malgré sa gaucherie naïve, le Christ, et une de ces "Vierges de Pitié" très répandues dans la région toulousaine, souvent oeuvres d'artisans du village, en réalité artistes qui s'ignoraient !

Quel est celui qui a su donner à cette pieta cet air asiatique, cette expression mystérieuse, lointaine comme au-delà de la souffrance ? Même un tableau de L. de Planet présentant une crucifixion a sa réplique au musée du vieux Toulouse. Cette église a été construite pour remplacer la vieille qui était à SSernin où voilà un siècle, on trouvait encore des matériaux et même des ossements ! Au XVIIe siècle, comme le relate "le procès-verbal signé de l'archevêque, du recteur (curé) et du prêtre (desservant)" elle existait encore, "ruinée, couverte à moitié, le clocher abattu en 1646 par la foudre, ce qui empêche de dire la sainte messe depuis quinze ans, auprès de laquelle nous avons trouvé un grand cimetière. Plusieurs habitants nous avoient ouï dire que c'estoient autrefois l'église parroissiale, mais que, depuis que les églises de Pechbusque et de Vigoulet ont été basties et que le service y est fait, la dite église est demeurée abandonnée; nous aurions trouvé les portes démontées et le cimetière tout ouvert, ce qui fait que les bestiaux peuvent entrer dans l'un et dans l'autre."

Dernière ligne de la monographie, comme rajouté : 
"il n'y a pas d'école à Pechbusque" pas d'école, mais des écoliers, puisque ailleurs il est mentionné le "village morne, toutes les maisons sont fermées et les habitants aux champs.. et l'arrivée des enfants à leur sortie de l'école trouble un moment cette monotonie" arrivée d'où ? mais ces écoliers de 1886 doivent encore avoir des petits enfants vivants (et même des enfants ? ) Les anciens du village (et même les moins anciens) ne pourraient-ils pas rassembler leurs souvenirs et écrire tout simplement ce qu'ils se rappellent ou ce qu'ils ont entendu rappeler ? le patois que l'on parlait, comment ils vivaient, se déplaçaient, se distrayaient (fête à Pechbusque-chasse.) En 1886, il est mentionné : "le gibier y est très abondant, on y trouve en quantité des lièvres, des lapins, des perdrix et des cailles", ce qu'ils mangeaient. En 1886, il est dit "les habitants se nourrissent en grande partie de légumes, de céréales et de viandes salées,"  les souvenirs d'école. C'est une véritable histoire de la vie quotidienne que l'on pourrait avoir par ces témoignages.

 

 

Mme. OUTREBON

ARCHIVES DEPARTEMENTALES

près du pont des Demoiselles,

11 boulevard Griffoul-Dorval

31400 TOULOUSE

 

Période

 

 

IDENTITE

 1970

 

 1977

 

 Germain GOUSSIS

 1977

 

 2001

 

 Gérard SABATIÉ

 mars 2001

 

2011 

 

 Gilbert CHAPUIS

 juin 2011 

 

 2014 

 

 

 Didier BELAIR